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Les Chevaliersde l’Astrée

Notre histoire

L’histoire derrière les Chevaliers de l’Astrée

Les Chevaliers de l’Astrée ne sont pas nés d’une idée. Ils sont nés d’un chemin.

Un chemin commencé en Écosse, poursuivi en France, enrichi en Espagne, jalonné de réussites, d’échecs… et d’une conviction qui, elle, n’a jamais changé.

Dans cette page, la fondatrice des Chevaliers de l’Astrée raconte le chemin qui a conduit à ce projet.

Chaque voyage laisse une empreinte.
Celui-ci allait changer notre vie.

Paysage d’Écosse à l’origine de l’histoire des Chevaliers de l’Astrée

Tout a commencé en Écosse

Les Chevaliers de l’Astrée sont-ils nés en France ?

Pas tout à fait. On pourrait croire que cette aventure a commencé avec l’achat d’un premier terrain ou la création d’une association. En réalité, elle a commencé en Écosse.

En 2006, au hasard d’un voyage, je découvre un projet qui permet à chacun de créer un lien symbolique avec une petite parcelle de nature. L’idée me touche immédiatement. Je propose même d’en devenir la représentante en France.

Ce projet écossais a été une source d’inspiration. Les Chevaliers de l’Astrée sont aujourd’hui un projet totalement indépendant.

Une graine symbolisant le début du projet

Une graine était plantée

Très vite, une même question revient autour de moi.

« Pourquoi cela n’existerait-il pas chez nous ? »

Cette phrase va m’accompagner pendant des années. Elle deviendra le véritable point de départ des Chevaliers de l’Astrée.

Vous avez donc voulu créer le même projet ?

Oui. Au départ, c’était exactement mon intention. Je voulais permettre à d’autres de ressentir cette émotion : celle de savoir qu’un petit morceau de nature existe quelque part. Un lieu auquel on pense lorsque le quotidien devient trop lourd. Un lieu qui nous rappelle que le monde est plus vaste que nos préoccupations du moment.

Le premier obstacle

Je prends alors rendez-vous avec un avocat spécialisé en droit foncier. Je ressors convaincue que le modèle écossais ne peut pas être transposé tel quel en France. Je rentre découragée et, pendant quelque temps, je mets cette idée de côté.

Puis les années passent. Et peu à peu, je comprends quelque chose d’essentiel.

Ce n’était pas le rêve qui était impossible.
C’était simplement la manière dont j’essayais de le réaliser.

Un chemin traversé d’obstacles
Un lieu vivant qui s’invite dans l’imaginaire

Pourquoi ce projet vous avait-il autant touchée ?

Parce qu’il ne parlait pas seulement de nature. Il parlait d’attachement.

J’imaginais une personne vivant dans un studio après une journée de travail. Je l’imaginais penser à « sa » parcelle, quelque part dans les Highlands. Fermer les yeux. Respirer un peu plus profondément. Retrouver, même à distance, une sensation d’espace, de calme et de liberté.

C’est cette émotion que j’ai voulu raconter dans la vidéo de la page d’accueil. On y voit une personne enfermée dans son quotidien. Puis, peu à peu, un lieu vivant s’invite dans son imaginaire. Les murs semblent moins présents. L’air circule autrement. Pendant quelques instants, la nature redevient une présence.

Cette vidéo ne raconte pas un terrain.
Elle raconte un lien.

Ce fut une vraie aventure ?

Je souris souvent en repensant à cette aventure. Je suis d’un naturel plutôt discret et je n’ai jamais aimé me mettre en avant. Si j’ai accepté de parler du projet dans les médias à l’époque, ce n’était pas pour que l’on parle de moi, mais parce que je croyais profondément à cette idée et que j’avais envie de la partager.

À cette époque, tout s’enchaîne presque naturellement. J’ai la chance que plusieurs médias s’intéressent au projet, notamment l’émission Comment ça va bien ! présentée par Stéphane Bern. Grâce à cette visibilité, des rencontres extraordinaires deviennent possibles.

Vers 2015-2016, c’est ainsi que les premiers terrains, puis les premiers domaines, entrent dans cette histoire. Je ne les ai jamais vraiment considérés comme « mes » terrains. Dans mon esprit, ils étaient déjà destinés à être partagés avec une communauté qui n’existait pas encore.

Le vivant retrouve sa place

Pourtant, quelque chose vous interpelle en Écosse…

Oui… Au fil de mes séjours, je découvre un paradoxe qui me bouleverse.

Les Highlands offrent certains des plus beaux paysages que j’aie jamais contemplés. On les imagine sauvages, préservés, presque intacts. Pourtant, des naturalistes m’expliquent que cette nature souffre elle aussi. Les insectes pollinisateurs y sont parfois étonnamment rares. Les fleurs sauvages se font discrètes. La diversité végétale diminue. Et lorsque les fleurs disparaissent, c’est toute une chaîne de vie qui s’affaiblit.

Je comprends qu’il ne suffit pas d’aimer un paysage. Il faut aussi permettre au vivant de retrouver sa place. À partir de ce moment-là, mon projet évolue. Je ne cherche plus seulement à créer un lien entre une personne et un terrain. Je commence à imaginer une véritable alliance entre la nature et les êtres humains. C’est là que naît, sans que je le sache encore, l’esprit des Chevaliers de l’Astrée.

Papillon observé dans un domaine des Chevaliers de l’Astrée

Vous changez alors complètement votre vision…

Oui. Petit à petit, je cesse de penser à la parcelle comme à un simple point de repère personnel. Je commence à imaginer des lieux vivants : des lieux où la nature retrouve progressivement toute sa richesse, sans être figée, sans être transformée en jardin parfait.

Je crois profondément que la nature sait très bien faire les choses… à condition qu’on lui en laisse le temps et qu’on l’accompagne avec intelligence. Les Chevaliers de l’Astrée sont nés de cette conviction.

Les femmes et les hommes qui rejoignent l’association n’achètent pas un morceau de nature. Par leur adhésion, ils contribuent à préserver ces lieux et à accompagner leur évolution. Selon les ressources disponibles, les domaines peuvent évoluer au fil des années.

  • Une haie peut être plantée.
  • Une mare restaurée.
  • Un ancien verger sauvé.
  • Une prairie enrichie de fleurs favorables aux insectes pollinisateurs.

Lorsque les ressources de l’association le permettent, ces interventions sont confiées à des personnes dont c’est le métier ou la passion : jardiniers, arboristes, spécialistes de la biodiversité… Puis la nature poursuit elle-même son œuvre. Les fleurs peuvent progressivement réapparaître. Les insectes peuvent revenir. Les oiseaux peuvent retrouver davantage de nourriture. Les arbres grandissent. Les saisons reprennent leur rythme. Les lieux changent, doucement.

Je crois profondément que notre rôle n’est pas de contrôler la nature. Il est simplement de lui redonner les moyens d’exprimer tout son potentiel.

Habitat installé pour les coccinelles

C’est là qu’apparaît l’idée de la forêt comestible ?

Oui. À cette époque, conseillée par une amie, je rêve d’une grande forêt comestible. Un lieu où les arbres fruitiers, les arbustes, les fleurs et les plantes vivraient ensemble, au bénéfice des insectes pollinisateurs autant que des êtres humains.

Je rencontre des spécialistes. J’apprends énormément. Puis viennent les réalités : le climat, les sols, les contraintes techniques, les coûts. Je comprends qu’il ne faut pas abandonner l’idée. Il faut simplement accepter qu’elle évolue.

Le projet n’a jamais cessé de changer.
Jamais son esprit.
Seulement sa manière d’avancer.

Les domaines entrent dans l’histoire

Comment les domaines sont-ils arrivés dans l’histoire ?

Je souhaitais que cela soit donnant-donnant. Nous aidions la nature à prospérer à La Roche-Posay. J’espérais qu’elle offre en retour quelque chose de précieux.

Le premier véritable coup de cœur est un ancien verger. Je tombe immédiatement sous son charme. Je n’y vois pas seulement des pommiers. J’y vois des récoltes partagées. Des enfants découvrant les arbres fruitiers. Des familles repartant avec quelques pommes… et beaucoup de souvenirs.

Je comprends qu’un lieu peut être beau parce qu’il est vivant, mais aussi parce qu’il est habité par des moments de bonheur.

« Ton projet est magnifique… mais il manque peut-être un peu d’évasion. »

La remarque me fait réfléchir. En 2020, une oliveraie et une amanderaie nichées dans les montagnes de l’Aragon rejoignent naturellement l’aventure. Sans l’avoir réellement cherché, les Chevaliers de l’Astrée deviennent un projet européen.

Chaque domaine possède désormais son identité : le verger, la prairie, les oliviers, les amandiers. Et, je l’espère un jour, d’autres lieux viendront écrire les chapitres suivants de cette histoire.

Et le projet écossais ?

Il s’arrête brutalement après un changement de direction. J’en suis profondément attristée. Pendant longtemps, je me suis demandé pourquoi cette histoire devait s’achever ainsi. Aujourd’hui, je crois avoir compris : sans cette fin, je n’aurais probablement jamais développé les Chevaliers de l’Astrée.

Les pépins ne sont pas seulement les graines des fruits. En français, ce sont aussi les difficultés du chemin. J’en ai rencontré quelques-uns. Avec le recul, je leur dois beaucoup.

Parce qu’avant chaque arbre, il y a une graine. Et derrière chaque projet qui dure, il y a presque toujours quelques obstacles qui lui permettent de grandir.

Pourquoi une association ?

Les Chevaliers de l’Astrée existaient alors depuis plusieurs années, intégrés à mon activité professionnelle. Cette activité correspondait à un autre projet. En 2023, lorsqu’elle s’arrête, les Chevaliers de l’Astrée ne disparaissent pas.

Ils peuvent enfin devenir ce que j’avais toujours espéré : une association indépendante. Aujourd’hui, cette histoire n’est donc pas celle d’un commencement. C’est celle d’une renaissance.

Parce que je ne voulais pas vendre la nature. Je voulais construire une communauté. Chaque adhésion permet simplement à ces lieux de continuer à vivre.

Selon les ressources de l’association, elle contribue à financer les plantations, la restauration des domaines, la création de nouveaux espaces favorables à la biodiversité ou l’intervention de professionnels capables d’accompagner cette évolution.

Les adhérents restent entièrement libres. Certains viendront simplement se promener. D’autres participeront à une récolte. D’autres préféreront suivre les nouvelles des domaines depuis chez eux. Toutes ces façons de participer ont la même valeur. Les Chevaliers de l’Astrée ne reposent pas sur une obligation de bénévolat. Ils reposent sur une confiance partagée.

La plus grande richesse du projet ne sera jamais constituée des terrains.
Elle sera constituée des femmes et des hommes qui auront rendu cette aventure possible.

Pourquoi maintenant ?

Parce que certaines idées ont besoin de temps. Pendant des années, les terrains existaient déjà. Les projets aussi. Ils attendaient simplement leur saison.

Aujourd’hui, la retraite m’offre ce que je n’avais jamais eu : du temps. Non pas pour commencer une nouvelle vie. Mais pour donner enfin vie à celle que je préparais depuis longtemps.

Au fond, je ne me suis jamais attachée à une forme. Je me suis toujours attachée à une conviction. Tant qu’il existait un autre chemin, je continuais à avancer.

Photographie accompagnant le passage où le projet devient réalité

Le projet est-il toujours un rêve ?

Non. Aujourd’hui, je crois que les premières fleurs apparaissent.

Pendant longtemps, cette aventure a vécu dans des carnets, des dossiers, des cartes, des voyages, des réflexions… et dans beaucoup de patience. Aujourd’hui, elle se déploie peu à peu sous cette nouvelle forme.

Les domaines existent. Les premières cueillettes de pommes et d’amandes ont été partagées avec des amis. Nous avons parcouru les chemins qui les entourent, découvert des paysages magnifiques et imaginé ensemble ce que ces lieux pourraient devenir dans quelques années.

À chaque visite, je retrouve cette même conviction : la nature rassemble avec une étonnante simplicité.

Le site internet a lui aussi beaucoup évolué. Il n’est plus seulement une présentation. Il raconte une histoire. Il ouvre les portes d’une aventure collective.

Aujourd’hui, je n’avance plus uniquement avec mes idées. D’autres personnes contribuent progressivement au projet, à la conception du site et à la réflexion sur son avenir. Certaines apportent leurs compétences. D’autres leur temps. D’autres simplement leur confiance.

Voir cette communauté se rassembler progressivement est certainement l’une des plus belles récompenses de toutes ces années. Ce projet n’a jamais été imaginé pour une seule personne. Il a toujours été pensé pour être transmis.

Quel est votre rêve ?

Qu’un jour, partout en Europe, des femmes et des hommes permettent à de petites oasis de biodiversité de continuer à vivre.

  • Des vergers.
  • Des prairies.
  • Des mares.
  • Des bois.

Des lieux où les insectes peuvent retrouver des fleurs. Où les oiseaux peuvent trouver refuge. Où les arbres vieillissent paisiblement. Où les enfants découvrent que les pommes ne poussent pas dans les supermarchés. Où les adultes retrouvent simplement le plaisir de ralentir.

Un autre espoir demeure, plus discret. Tout a commencé en Écosse. J’aimerais qu’un jour les Chevaliers de l’Astrée puissent y revenir, non pour reproduire un projet existant, mais pour y apporter le leur.

Peut-être en aidant, lorsque les conditions du lieu s’y prêteront, à favoriser des myrtilliers sauvages, des noisetiers, des sureaux ou d’autres espèces végétales indigènes des Highlands. Une manière de rendre à l’Écosse une petite part de ce qu’elle m’a offert.

Je rêve aussi que ces domaines deviennent des lieux de rencontres. Des endroits où l’on vient autant pour partager un pique-nique, une récolte ou une promenade que pour admirer un paysage. Des lieux où des inconnus repartent parfois en étant devenus amis.

Les Chevaliers de l’Astrée ne changeront peut-être pas le monde. Mais si, ensemble, nous pouvons faire renaître quelques hectares de biodiversité… si quelques enfants découvrent le goût d’une pomme cueillie sur l’arbre… si quelques familles créent de beaux souvenirs… si quelques personnes retrouvent un peu de sérénité en sachant qu’un petit coin de nature continue de vivre…

Alors tout ce chemin aura eu un sens.

Et dans vingt ans ?

J’aimerais que les Chevaliers de l’Astrée continuent d’exister sans moi. Au début de cette histoire, je rêvais de représenter un projet né ailleurs. Aujourd’hui, mon plus beau souhait serait qu’un jour, d’autres aient envie de représenter celui-ci.

Qu’ils y apportent leurs idées. Leur énergie. Leur sensibilité. Et qu’ils continuent à le faire évoluer sans jamais en perdre l’esprit.

Au fond, c’est peut-être cela, la transmission.
Créer quelque chose qui nous survivra.

Un arbre comme symbole de communauté et de transmission

Quelques mots pour la fin

Bienvenue parmi les Chevaliers de l’Astrée

Je ne cherche pas à créer quelque chose de grand. Je souhaite simplement créer quelque chose qui dure.

Si vous êtes arrivé jusqu’ici, c’est peut-être que cette histoire fait écho à la vôtre. Les Chevaliers de l’Astrée ne recherchent pas seulement des adhérents. Ils recherchent des femmes et des hommes qui croient encore qu’en prenant soin de la nature, celle-ci finit toujours, avec le temps, par nous rendre davantage que ce que nous lui avons offert.

Il n’est pas nécessaire d’être jardinier. Il n’est pas nécessaire d’avoir des connaissances particulières. Il suffit parfois d’avoir envie qu’un lieu continue de vivre.

Si cette idée vous parle, alors vous avez déjà un peu l’esprit des Chevaliers de l’Astrée. Bienvenue dans cette aventure.