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Haies bocagères : la meilleure alliée qu’on abat parfois sans le savoir

Paysages et biodiversité

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Les haies bocagères

La meilleure alliée qu’on abat parfois sans le savoir

En une minute

Une haie bocagère est bien plus qu’une limite de parcelle. Elle ralentit le vent, retient l’eau et les sols, offre nourriture et abri à de nombreuses espèces et relie les milieux entre eux. Son entretien doit être planifié avec soin, notamment pendant la période de reproduction des oiseaux.

Une haie, pense-t-on, sert d’abord à séparer deux terrains. Pourtant, lorsqu’elle est ancienne, diversifiée et suffisamment large, elle devient un véritable paysage à elle seule.

Des oiseaux y nichent, des insectes y trouvent des fleurs, les hérissons l’utilisent comme passage et ses racines ralentissent l’eau qui ruisselle. La supprimer en quelques heures revient parfois à faire disparaître un habitat construit pendant plusieurs décennies.

Un ouvrage vivant

À quoi sert réellement une haie bocagère ?

Les haies ont longtemps marqué les limites des parcelles, retenu les animaux et fourni du bois, des fruits ou du fourrage. Elles rendent aussi des services moins visibles.

  • elles ralentissent le vent sans former un mur totalement imperméable ;
  • elles limitent l’érosion et favorisent l’infiltration de l’eau ;
  • elles stockent du carbone dans le bois et dans le sol ;
  • elles procurent de l’ombre et atténuent certains écarts de température ;
  • elles relient les bois, prairies, mares et vergers.

Un corridor écologique

Ce qu’une haie abrite vraiment

Une haie diversifiée offre des ressources différentes selon les saisons. Les fleurs nourrissent les pollinisateurs, les fruits profitent aux oiseaux et aux petits mammifères, tandis que le bois creux, le lierre, les feuilles mortes et les talus créent des refuges.

Pour un hérisson, la haie peut devenir un chemin. Pour une mésange, un lieu de nidification. Pour une chauve-souris, une ligne de déplacement et de chasse. Pour de nombreux insectes, elle sert à la fois d’abri et de garde-manger.

Nidification

Peut-on tailler une haie au printemps ?

Il n’existe pas une interdiction nationale générale identique pour tous les particuliers pendant toute la période de nidification. En revanche, la destruction des nids, des œufs et des sites de reproduction d’espèces protégées est interdite.

Pour les agriculteurs soumis à la conditionnalité de la politique agricole commune, l’entretien des haies et des arbres est interdit du 16 mars au 15 août, sauf dérogations prévues par les textes.

Dans tous les cas, les interventions lourdes gagnent à être réalisées en automne ou en hiver, hors gel et après inspection de la haie. Une urgence de sécurité peut imposer d’agir autrement, mais elle ne dispense pas de vérifier la présence d’un nid occupé.

Planter pour durer

Pourquoi mélanger les essences ?

Une haie composée d’espèces locales variées étale les floraisons et les fructifications, résiste mieux à certaines maladies et offre davantage de ressources à la faune qu’un alignement uniforme.

Selon le sol, le climat et le paysage, on peut notamment rencontrer ou planter de l’aubépine, du prunellier, du noisetier, du cornouiller sanguin, de l’églantier, du sureau noir, du fusain, de la viorne, de l’érable champêtre ou du charme.

Cette liste n’est pas universelle : les espèces doivent être choisies selon la région, les conditions du terrain et la réglementation locale.

Entretenir sans appauvrir

Une haie n’est pas un mur vert

Une taille répétée sur toutes les faces et au sommet peut affaiblir la structure de la haie et réduire sa diversité. L’Office français de la biodiversité recommande des interventions répondant à un besoin réel plutôt qu’une taille systématique.

Lorsque l’espace le permet, une haie vivante conserve plusieurs étages : arbres, arbustes, lianes, ronces ponctuelles et ourlet herbacé. Un entretien par tronçons permet aussi de maintenir des refuges pendant que les autres parties se régénèrent.

À retenir

  • Une haie diversifiée est un habitat, pas seulement une clôture.
  • Elle protège les sols, ralentit le vent et relie les milieux.
  • Avant toute taille, il faut rechercher les nids occupés.
  • La période du 16 mars au 15 août concerne notamment la conditionnalité agricole de la PAC.
  • Une gestion par tronçons préserve davantage de refuges qu’une coupe uniforme.

Questions fréquentes

Ce que l’on demande souvent sur les haies

Une haie attire-t-elle les nuisibles ?

Elle accueille surtout une grande diversité d’espèces, dont des prédateurs naturels capables de participer à la régulation des insectes et des petits rongeurs.

Une haie à une seule espèce est-elle utile ?

Elle peut offrir un abri, mais une haie diversifiée fournit généralement davantage de nourriture et résiste mieux aux maladies et aux aléas climatiques.

Faut-il tailler une haie tous les ans ?

Pas nécessairement. La fréquence dépend de son rôle, des espèces, de l’espace disponible et des impératifs de sécurité. Une intervention ne devrait pas être automatique.

Peut-on laisser du lierre dans une haie ?

Le lierre offre nectar, fruits et abris. Il peut être conservé lorsqu’il ne crée pas de difficulté particulière pour la structure ou l’usage du lieu.

Pourquoi conserver un ourlet herbacé au pied ?

Cette bande végétale protège le sol et offre des fleurs, des graines et des refuges à de nombreuses espèces.

Une haie peut-elle réduire l’érosion ?

Oui. Ses racines stabilisent le sol et sa structure ralentit le ruissellement, particulièrement lorsqu’elle est implantée de façon adaptée au relief.

Le regard de l’Astrée

Une haie ne sépare jamais complètement deux terres. Sous ses branches passent les animaux, voyagent les graines et circulent l’ombre, le vent et l’eau. Elle est une frontière qui relie.

Sources et repères