Sur les routes des châteaux du Poitou
Forteresses, jardins, énigmes et demeures à découvrir autour de La Roche-Posay.
Il suffit de parcourir les routes du Poitou pour voir surgir, au détour d’un chemin, une tour médiévale, les vestiges d’une forteresse ou l’élégante façade d’une demeure Renaissance.
Certains de ces édifices ouvrent largement leurs portes. D’autres ne se découvrent qu’à l’occasion d’une visite guidée, d’une manifestation patrimoniale ou d’une promenade autour de leurs murs.
Tous racontent cependant une histoire : celle des femmes et des hommes qui les ont construits, habités, transformés et, parfois, sauvés de l’oubli.
Un château n’est pas seulement un monument. Il est aussi la mémoire d’un territoire et de ceux qui choisissent aujourd’hui de le préserver.
Chauvigny
La cité aux cinq châteaux
Perchée sur un éperon rocheux dominant la Vienne, la cité médiévale de Chauvigny possède une particularité exceptionnelle : cinq châteaux ou vestiges de châteaux coexistent dans sa ville haute.
Le château baronnial, également appelé château des Évêques, le château d’Harcourt, le donjon de Gouzon, le château de Montléon et la tour de Flins formaient autrefois un ensemble défensif d’une étonnante densité.
Tous ne se visitent pas de la même manière, mais la promenade dans la ville haute permet d’en découvrir plusieurs vestiges. Le donjon de Gouzon abrite aujourd’hui un espace muséal, tandis que les ruines du château des Évêques accueillent les Géants du Ciel.
Aigles, faucons, chouettes et autres oiseaux y évoluent en vol libre dans le cadre spectaculaire de l’ancienne forteresse.
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Le château de Monthoiron
Sur les traces de Léonard de Vinci
À proximité de Châtellerault, le château de Monthoiron possède une étonnante tour-forteresse Renaissance, protégée au titre des monuments historiques.
Le lieu ne se contente pas de présenter son architecture : il invite les visiteurs à entrer dans son histoire en jouant.
Avec le parcours Le Trésor de Léonard, enfants, parents et grands-parents partent ensemble à la recherche d’un trésor que Léonard de Vinci aurait caché à Monthoiron. Vingt énigmes, réparties autour de la tour-forteresse, permettent de découvrir progressivement le château, la Renaissance et plusieurs facettes du célèbre inventeur.
D’autres activités complètent la visite, notamment le parcours Le Secret de Karmanor et une promenade dans la nature à la recherche de petites créatures réalisées en briques LEGO.
Monthoiron est donc bien davantage qu’une simple visite de château. C’est une aventure familiale, ludique et instructive, où l’on apprend presque sans s’en apercevoir — ce qui reste souvent la meilleure manière d’apprendre.
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Le château de Boussay
Une demeure entourée de ses douves
À Boussay, en Indre-et-Loire, le château rassemble plusieurs époques de construction.
Une tour à mâchicoulis du XVe siècle côtoie des ailes plus récentes. L’ensemble, entouré de douves en eau, a progressivement perdu son caractère défensif pour devenir une demeure d’agrément.
Le château est une propriété privée et son intérieur ne se visite pas. Le parc qui entoure la demeure peut toutefois être parcouru librement, dans le respect des lieux et de leurs habitants.
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Le château de Coussay
Aux premiers temps de la Renaissance française
Le château de Coussay fut construit vers 1520 pour Denis Briçonnet, prieur de Coussay et évêque de Saint-Malo.
Son architecture conserve encore quelque chose de la demeure fortifiée médiévale tout en s’ouvrant déjà aux influences de la Renaissance italienne.
Armand Jean du Plessis, futur cardinal de Richelieu, hérita du domaine et y séjourna régulièrement avant son élévation au cardinalat.
Le château reste une propriété privée. Il n’est pas ouvert en permanence, mais des visites de ses extérieurs, de ses jardins et, ponctuellement, de certaines parties de la demeure sont organisées lors de dates particulières.
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Le château du Rivau
Un château qui dialogue avec son époque
Le Rivau ne s’est pas contenté de préserver ses murs.
Autour de sa forteresse médiévale et de ses anciennes écuries royales ont été créés des jardins inspirés des contes, des légendes et de l’imaginaire.
Des œuvres d’art contemporain prennent place parmi les fleurs, les arbres et les installations paysagères. Le château accueille également des expositions, des ateliers, des événements et des animations pour les familles.
Le Rivau a ainsi choisi de faire vivre son histoire plutôt que de la tenir à distance : les siècles anciens y côtoient la création contemporaine avec beaucoup de liberté et parfois une pointe d’humour.
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Le château de la Mothe-Chandeniers
Une ruine romantique sauvée collectivement
Incendié en 1932, le château de la Mothe-Chandeniers est devenu l’une des ruines romantiques les plus singulières de la région.
Privé de sa toiture, il a vu la végétation pénétrer entre ses murs et se mêler progressivement à son architecture. Ce qui aurait pu annoncer sa disparition a contribué à créer un lieu presque irréel.
En 2017, une vaste opération de financement participatif permit de lancer son rachat collectif. Des dizaines de milliers de personnes venues du monde entier participent désormais à sa sauvegarde.
Le château est ouvert au public et continue de faire l’objet de travaux de sécurisation, de restauration et de mise en valeur.
C’est une forme très contemporaine de protection du patrimoine : un château qui ne dépend plus d’un seul propriétaire, mais de l’attachement collectif de ceux qui ont choisi de le sauver.
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Le château de la Roche, à Magné
Du gothique flamboyant à la Renaissance
Dominant la vallée de la Belle, le château de la Roche présente une architecture mêlant gothique flamboyant et Renaissance.
Sa chapelle, édifiée au XVIe siècle, abrite des vitraux installés au XIXe siècle et signés par Maréchal de Metz, l’un des grands maîtres verriers de son époque.
L’un des communs du XVIIe siècle accueille également un musée consacré à l’ordre de Malte.
Le château se découvre principalement dans le cadre de visites guidées organisées sur rendez-vous. Il est donc indispensable de se renseigner avant de s’y rendre.
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Le château de Purnon
Sauver un chef-d’œuvre du XVIIIe siècle
À Verrue, dans le nord de la Vienne, le château de Purnon fut construit à la fin du XVIIIe siècle.
La demeure, ses dépendances, ses douves, sa chapelle et les différents bâtiments du domaine composent un ensemble remarquable, longtemps menacé par le manque d’entretien.
En 2020, le domaine fut acheté par Felicity Selkirk et Tim Holding, un couple australien qui entreprit de le sauver de la ruine.
Depuis, un chantier considérable est mené avec l’aide d’artisans, des services chargés des monuments historiques et de différents partenaires du patrimoine.
Purnon n’est pas un château ouvert quotidiennement à la visite. Ses portes s’ouvrent à l’occasion de manifestations particulières, notamment pendant les Journées européennes du patrimoine.
Le visiteur y découvre alors moins une demeure achevée qu’un immense chantier de restauration en activité.
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Le château de la Chapelle-Bellouin
Une demeure royale sauvée pierre après pierre
Dans le Loudunais, sur la commune de La Roche-Rigault, se trouvent les vestiges du château de la Chapelle-Bellouin.
Le site possède des origines médiévales. Le château fut profondément transformé au début de la Renaissance, tout en conservant plusieurs traces de ses anciennes fonctions défensives.
Devenu propriété royale sous François Ier, le domaine fut ensuite donné à la famille d’Escoubleau de Sourdis. Plus tard, le comté de la Chapelle-Bellouin entra dans les possessions du cardinal de Richelieu.
Le château conserve notamment des vestiges de fortifications, les traces d’un ancien pont-levis, un corps de logis Renaissance et des voûtes ornées de caissons.
Un patient travail de consolidation et de restauration tente aujourd’hui de préserver ce qui peut encore l’être.
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Les demeures privées que l’on ne peut qu’imaginer
Le château de Jutreau
Situé à Saint-Pierre-de-Maillé, le château de Jutreau est une propriété privée qui ne se visite pas.
Son pavillon nord, datant du XVe siècle, est inscrit au titre des monuments historiques depuis 1935.
Le château demeure ainsi, pour le promeneur, l’une de ces silhouettes dont on aperçoit parfois les pierres sans pouvoir en franchir le seuil.
Consulter la notice officielle du château de Jutreau →
La Merci-Dieu
Non pas un château, mais une ancienne abbaye
La Merci-Dieu ne doit pas être présentée comme un château.
Il s’agit des vestiges d’une ancienne abbaye cistercienne, fondée au XIIe siècle au bord de la Gartempe, sur le territoire de La Roche-Posay.
Une grande partie de l’ensemble a disparu ou se trouve aujourd’hui très dégradée. Deux retables provenant de l’ancienne abbaye sont cependant conservés dans l’église Notre-Dame de La Roche-Posay.
La Merci-Dieu appartient pleinement à l’histoire du territoire, mais dans un autre registre : celui de la vie monastique, de l’art religieux et des établissements qui façonnèrent autrefois les vallées.
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Un cousin inattendu
Les peintures de l’abbaye de Saint-Savin
À Angles-sur-l’Anglin, le Roc-aux-Sorciers conserve une frise préhistorique sculptée dans la pierre.
À Saint-Savin-sur-Gartempe, c’est la peinture qui prend le relais.
L’abbatiale abrite l’un des plus importants ensembles de peintures murales romanes conservés en Europe. Réalisées aux XIe et XIIe siècles, elles couvrent notamment la grande voûte de la nef.
Les épisodes de la Genèse et de l’Exode s’y déploient comme un immense livre peint au-dessus des visiteurs.
L’abbatiale est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1983. Des visites guidées et des activités familiales permettent aujourd’hui d’en découvrir les peintures et l’histoire.
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Pour aller plus loin
Ce dossier pourrait connaître une suite.
Un château par saison, par exemple. Une demeure restaurée, une ruine, un jardin ou un édifice privé dont l’histoire mérite d’être racontée.
Nous pourrions également créer deux séries complémentaires :
Ceux que l’on visite, pour préparer de véritables découvertes sur les routes du Poitou ;
Ceux que l’on devine, consacrée aux demeures privées, aux vestiges et aux silhouettes aperçues derrière les arbres.
Le Royaume ne manquera pas de vieilles pierres à raconter.
Et vous, quel château aimeriez-vous découvrir avec les Chevaliers de l’Astrée ?
Les horaires, tarifs, activités et conditions de visite peuvent évoluer. Avant tout déplacement, consultez le site officiel du lieu concerné.